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Ponts et fériés mai 2026 : quelles obligations envers vos salariés ?

les jours feries et ponts de mai 2026

Le mois de mai 2026 approche avec son lot de jours fériés et de ponts potentiels. Pour beaucoup, c’est une période de repos ; pour le dirigeant, c’est un défi d’organisation interne qui ne doit pas être laissé au hasard. Entre obligations légales et nécessités de production, comment arbitrer sereinement ?

Le 1er mai : une protection sociale historique

Le 1er mai bénéficie d’un régime juridique unique qui protège strictement le repos et la rémunération des salariés. Cette journée, qui puise son origine dans les combats historiques pour la journée de huit heures, est avant tout la fête des revendications des travailleurs et la célébration des conquêtes sociales. En principe, il s’agit du seul jour de l’année obligatoirement chômé pour tous, et ce chômage ne peut entraîner aucune réduction de salaire ni être récupéré ultérieurement.

Toutefois, une dérogation existe pour les entreprises qui, par la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, comme les services de santé, les transports publics ou l’hôtellerie. Dans ce cas précis, l’employeur a l’obligation de verser une indemnité égale au montant du salaire de la journée, ce qui revient concrètement à payer cette journée double. Il est donc crucial d’anticiper cet impact sur votre masse salariale pour que vos marges puissent absorber cette hausse ponctuelle.

Les autres rendez-vous de mai : 8, 14 et 25 mai

Contrairement aux idées reçues, le repos lors des autres jours fériés de mai n’est pas une obligation légale automatique pour tous les salariés. En réalité, le chômage de ces jours n’est impératif que pour les apprentis et les jeunes travailleurs de moins de 18 ans. Pour les autres collaborateurs, le travail peut être maintenu si votre convention collective ou les usages de votre profession ne prévoient pas de dispositions contraires.

Sur le plan de la rémunération, le maintien de salaire pour un jour férié chômé est une obligation pour tout salarié justifiant d’au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Si vous décidez de faire travailler vos équipes ces jours-là, le salaire est en principe payé au taux normal, sans supplément, à moins que vos accords de branche ne soient plus favorables. L’expertise d’un conseiller est ici précieuse pour vérifier la cohérence de vos grilles de salaires face à ces spécificités conventionnelles.

Faire le pont : un levier de management, pas un droit

Le « pont » est souvent perçu comme un acquis par les équipes, mais il reste avant tout un outil d’organisation à la main du dirigeant. Un pont se définit comme un jour ouvrable chômé placé entre un jour férié et un jour de repos hebdomadaire, tel que le vendredi 15 mai pour l’Ascension. Sauf dispositions contraires dans votre convention collective, vous n’avez aucune obligation d’accorder ce pont, même si la majorité de votre personnel en fait la demande.

En tant que dirigeant, vous décidez seul de la fermeture de l’entreprise ou du maintien de l’activité. Si un salarié souhaite s’absenter, il peut demander à poser un jour de congé payé, mais l’arbitrage final sur l’organisation interne vous appartient pour garantir la continuité de vos services. Il est recommandé de cadrer ces règles de fonctionnement interne très tôt afin d’éviter les désorganisations de dernière minute et de maintenir un sentiment d’équité au sein de vos équipes.

La Journée de solidarité : plus de souplesse pour votre gestion

Loin de l’automatisme historique du lundi de Pentecôte, la journée de solidarité est devenue un véritable levier de flexibilité pour piloter votre entreprise. C’est désormais votre convention collective ou, à défaut, votre décision unilatérale après consultation du CSE qui en fixe les modalités d’exécution. Vous avez la liberté de choisir la date : il peut s’agir du travail d’un jour férié normalement chômé (hors 1er mai), d’un jour de RTT, ou encore de sept heures de travail supplémentaires réparties sur l’année.

Cette souplesse permet d’adapter la charge de travail à votre réalité de terrain. Attention toutefois aux cas particuliers, comme les salariés à temps partiel pour qui la limite de sept heures doit être réduite proportionnellement, ou les nouveaux arrivants qui auraient déjà effectué cette journée chez un précédent employeur. Dans ce dernier cas, les heures travaillées chez vous devront donner lieu à une rémunération supplémentaire.

À quelques jours du mois de mai, la clarté sur vos règles de gestion est la clé pour décider sans hésiter et protéger votre rentabilité. Ne laissez pas le calendrier fragiliser vos marges ou votre climat social. Besoin de transformer ces obligations en un véritable plan d’action pour votre organisation interne ? Nos experts vous accompagnent pour éclairer vos choix, anticiper vos échéances et sécuriser vos décisions de dirigeant. 

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